La loi de Robien subit une salve de critiques

La loi de Robien subit une salve de critiques



(Easybourse.com) Jeudi dernier sur France 2, Envoyé Spécial diffusait un reportage sur la loi Robien et ses dérives, intitulé ‘les Robien de la colère’. Le reportage n’a pas manqué de susciter des réactions hostiles de la part de cabinets de défiscalisations tels que Financia Conseil ou AMFF qui accusent ce dernier d’être incomplet et partial, allant jusqu'à le qualifier de ‘scandaleux’...


Le reportage diffusé dans le cadre du magazine télévisé ‘Envoyé Spécial’,  intitulé ‘Les Robien de la colère’, a suscité de vives réactions de la part des cabinets de défiscalisations. Ce dernier met en avant les failles et les détournements dont fait l’objet cette loi.

Un dispositif qui suscite la polémique

Votée en 2003, la loi Robien permet de bénéficier d’une réduction d’impôts. Pour cela, il est nécessaire d'acheter un bien immobilier neuf et de s’engager à le louer pendant 9 ans au minimum en tant que résidence principale.

On peut ainsi déduire de ses impôts jusqu'à 6% de l'investissement global, auquel il faut ajouter les intérêts du crédit, les charges de copropriété, la taxe foncière et 6% des loyers perçus, le tout étant plafonné à 10 700 euros par an. «Ce qui est sacrément avantageux» vante le site Internet présentant la loi.

Or, le reportage d'Envoyé Spécial met en lumière certaines dérives. Si les premiers acheteurs auraient effectivement bénéficié des avantages du procédé, beaucoup de mauvaises opérations auraient ensuite été réalisées. Le reportage s’applique ainsi à montrer certains exemples d’acquéreurs se retrouvant avec des biens surévalués, souvent à plus de 60% ou avec des prix à la location faibles.

Le reportage diffusé par France 2 n’est pas la seule attaque subie par la loi Robien. Cette dernière est en effet l’objet de nombreuses critiques, dont celle d’avoir favorisé le mouvement d’inflation immobilière.

Selon un rapport du député socialiste Jean-Yves Le Bouillonnec du 26 mars, les loyers des biens loués dans le cadre de la loi font partie des plus élevés dans certaines villes moyennes comme Angers. Le rapport du ministère de la Ville et du Logement  de février 2008 reconnaît que ce dispositif permet de pratiquer dans certaines villes des prix supérieurs à ceux du marché, mais considère que les critiques vis-à-vis de ce dernier ne sont pas toutes avérées dans un contexte de pénurie du foncier. Ce dernier rapport convient cependant qu’il est nécessaire de «recentrer cet avantage fiscal».

Les cabinets de défiscalisation contre-attaquent

Face à cette salve de critiques, les cabinets de défiscalisation se défendent. Le reportage de France 2 a ainsi entraîné une réaction immédiate de certains de ces cabinets.

Pour l’AMFF, l’enquête des journalistes de France 2 était «un reportage à charge» réalisé «au nom de l’audience». Ce reportage «scandaleux» multiplierait ainsi les amalgames, donnant une vision incomplète de la loi et de ses conséquences.

«Pourquoi avoir uniquement présenté des investisseurs qui se sont faits floués ? De quel droit Envoyé spécial peut associer la loi Robien à une arnaque ?» s’interroge ainsi le cabinet de conseil pour qui les réseaux «peu scrupuleux» dénoncés par le reportage ne sont qu’une minorité.

«Investissez dans des villes ou la demande locative est soutenue. L’environnement est un facteur important. La défiscalisation est intéressante si le bien est acheté à un prix cohérent compte tenu de son emplacement. (…) Il est conseillé d’investir dans des villes dynamiques où une vraie demande locative existe. Sachez également que certaines communes manquent cruellement de logements» conseille ensuite l’AMFF dans ce communiqué.

Les abus, bien que réels, sont minoritaires. «Si on devait donner des chiffres sur les projets qui marchent bien et ceux sur lesquels il y a des problèmes, les investisseurs seraient rassurés. Mais il est difficile voire impossible d’avoir les chiffres» déclare Cédric Robillard, gérant de l’AMFF, à Easybourse.

«Dans la façon dont il est présenté, il est dit clairement que les personnes qui ont investi au début de la mise en place du projet ont réalisé de bonnes affaires mais tous les autres seraient lésés. Le reportage a tendance à ne présenter que des personnes qui dans le cadre de la loi de Robien achètent plus cher que pour un projet ordinaire. Or, c’est faux» ajoute-t-il.

Il répond en outre aux critiques à l’encontre de la loi Robien concernant les difficultés que rencontrent les promoteurs immobiliers à cause de l’augmentation des matières premières (ciment, etc.) et d’une main d’oeuvre chère «s’il y a une certaines exigence de qualité».

Le cabinet Financia Conseil partage également les critiques de l’AMFF et a publiée une lettre ouverte à l’équipe d’Envoyé Spécial dans laquelle il estime que le sujet était une «véritable condamnation du monde de l’immobilier et notamment des professionnels honnêtes dont nous estimons faire partie».

Le reportage manque ainsi d’objectivité, tout en étant «incomplet, approximatif et orienté», toujours selon le cabinet.

«Nous vous reprochons d’avoir occulté (dans quel but ?) le fait que la loi Robien est une très bonne affaire lorsqu'elle est appliquée, maîtrisée et encadrée par de vrais professionnels (absents de votre reportage). En outre, cette loi a permis de construire sur les 3 dernières années environ 50% des logements dont notre pays manque cruellement» peut-on lire dans cette lettre qui souligne également la partialité du reportage puisque seul est interrogé «l’un des leaders du marché qui résume à lui seul toutes les dérives de ce dispositif» alors qu’aucun investisseur satisfait n’a été approché.

A la question posée par le sujet, qui était de savoir si la loi Robien était une bonne affaire, Financia Conseil aurait répondu «oui sous certaines conditions» soit, entre autres, un bilan patrimonial «bien renseigné», un conseiller «multi-produits», un cabinet indépendant, un bien de bonne qualité, un prix en adéquation avec celui du marché, etc.

Pour Akerys, l’un des grands acteurs de l’investissement locatif, il s’agit d’ «un reportage engagé qui présentait certaines déficiences qui sont effectivement réelles» comme le déclare Anne Kirner, directrice de la communication du groupe.

«Tous les aspects positifs de ce dispositif n’ont volontairement pas du tout été mis en avant dans ce reportage. Il est légitime de montrer quelques déficits qui peuvent se produire mais ici c’est fatalement fortement engagé» insiste-t-elle.

Concerné par le problème, le groupe fait part de taux de satisfaction élevés selon des enquêtes qu’il a commandées à des organismes d’enquêtes BVA. «86% des locataires trouvent leur logement fonctionnel, plaisant bien placé etc. 94% trouvent l’emplacement géographique de leur logement parfait. Au niveau des propriétaires, 72% s’estiment très satisfaits de leur engagement financier, ce qui ne laisse pas autant de place à des cas inquiétants et dramatiques tels que présentés dans le reportage».



Article ajouté le 2008-09-17 , consulté 59 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Les victimes de la loi Robien "

Imprimer cet article

Retour aux articles