L'UFC pointe les abus dans l'investissement immobilier locatif

L'UFC pointe les abus  dans l'investissement immobilier locatif 

L'association de consommateurs a porté plainte contre le promoteur Akérys.

Cette fois-ci, l'UFC-Que choisir monte au créneau. Dans un communiqué diffusé mercredi, l'association de consommateurs s'alarme de dérives dans l'investissement immobilier locatif. Ayant reçu de nombreuses doléances de particuliers qui s'estiment victimes d'abus de la part de promoteurs, elle fustige les pratiques de certains opérateurs qui «ont construit à tort et à travers, dans des zones où les appartements ne peuvent trouver de locataires en raison d'une offre surabondante». Décidée à marquer le coup, l'UFC-Que choisir a déposé plainte pour tromperie contre Akérys, leader français de l'investissement locatif.

Encouragés par les pouvoirs publics depuis les années 1980, les différents dispositifs de défiscalisation proposés successivement aux particuliers ont rencontré un large succès. Entre 2003 et 2007, 350 000 logements ont ainsi bénéficié du régime Robien ou Borloo. Mais sur ce total vendu avec la promesse d'avantages fiscaux, une part non négligeable n'aurait pas trouvé de locataires, plaçant les investisseurs dans des situations difficiles. «Privés de loyers, ils sont des milliers à être aujourd'hui incapables de rembourser les crédits qu'ils ont souscrits pour financer leur projet», souligne l'UFC-Que choisir, qui s'est procuré des argumentaires fournis par Akérys à ses commerciaux.

L'association reprend à son compte les chiffres d'un rapport parlementaire qui recense entre 5 000 et 10 000 logements Robien vides. Il y a un an, la Fédération des promoteurs constructeurs (FPC) avait estimé à 5 000 le nombre de ces logements. Mais il faut y ajouter ceux qui ont pu trouver un locataire, mais pas au niveau de loyer permettant de couvrir les remboursements de prêt.

Sur le fond, Akérys rétorque que le choix de ses opérations repose sur des «critères de sélection rigoureux sur la réalité du marché locatif » et que, sur l'ensemble du territoire, son taux d'occupation est de 93,3 %, en ligne avec le taux moyen mesuré par l'Insee. Le promoteur avance aussi le nombre de 5 000 lots qui peinent à trouver des locataires sur l'ensemble du marché, soit « 1,5 % de la production de la période».

Problème de zonage

Inquiète de nouvelles dérives, l'UFC-Que choisir pointe du doigt le nouveau zonage retenu par la loi Scellier, qui présenterait les mêmes défauts que le régime Robien. «Nous avons des doutes sur des secteurs où la surproduction de logements est connue, comme les régions de Toulouse et d'Agen ou le Finis­tère-Sud», explique Isabelle Faujour, directrice juridique adjointe de l'UFC-Que choisir. Mais il est prévu que ce zonage puisse évoluer. De son côté, la FPC reconnaît qu'il y a peut-être eu des abus mais insiste sur la nécessité pour les investisseurs de s'informer sur la qualité des emplacements et l'existence d'un marché locatif.

 



Article ajouté le 2009-06-24 , consulté 34 fois

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