Crise du logement : l’édifice du Robien menace de s’écrouler

Crise du logement : l’édifice du Robien menace de s’écrouler

Alors qu’une nouvelle loi sur le logement doit être présentée le 8 avril par Christine Boutin aux acteurs du secteur, « Bakchich » a enquêté sur les effets de la « loi Robien » qui déverse des flots d’argent public sur les contribuables les plus aisés, lesquels construisent, en échange d’avantages fiscaux, de petits logement mal placés, à la qualité parfois douteuse, et de plus en plus chers. L’édifice, qui favorise la spéculation depuis 2003, menace aujourd’hui de s’effondrer… Aujourd’hui, premier volet : comment le « Robien » est apparu.

Le logement est la principale préoccupation des Français ? C’est aussi un vaste champ de manœuvres pour le gouvernement. Dans les couloirs de Bercy, le Livret A est discrètement poussé dans l’escarcelle des banques depuis la publication du rapport Camdessus, fin 2007. Cette cagnotte de 116 milliards d’euros est priée de produire des dividendes plutôt que des logements sociaux. Un autre chantier pharaonique occupe les équipes de Christine Boutin : la 5ème grande loi sur le logement en six ans. Elle sera présentée le 8 avril 2008 aux acteurs du secteur réunis au sein du Conseil national de l’habitat.

Logement, mon amour

En jeu : 22,1 milliards d’euros de subventions publiques et 11 milliards d’euros prélevés sur la masse des salaires [1]. Les lobbies des propriétaires, promoteurs, constructeurs et autres banquiers lorgnent sur le grisbi. Le boom immobilier prend fin. Les affaires sont moins bonnes. Déjà, 108 000 logements neufs demeurent invendus. Un record. Ils étaient moins de 40 000 à la mi-2004. Dans les mois à venir, la rente assurée par le principal poste de dépenses des ménages va s’éroder.

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La crise du logement par LOL et MDR
© MM

Dans ce contexte, que faire du dispositif ? Le gouvernement a une réponse toute faite : « Malgré quelques effets pervers de la défiscalisation Robien, je crois souhaitable de maintenir globalement ce dispositif et de ne le supprimer éventuellement que dans les (…) zones où la situation du logement n’est pas tendue », a confié en début d’année la ministre du Logement [2]. Puis, le 1er avril, Christine Boutin l’a défendu dans l’hémicycle contre des socialistes « bien-pensants ». La suppression totale du « Robien » risquerait d’« aggraver la pénurie responsable de la flambée des prix ».

Coup de projecteur sur le passage de Robien au Logement

Une nouvelle révision du dispositif de défiscalisation est envisagée. A l’été 2006, le « Robien » avait déjà été concentré sur les grandes agglomérations et le régime « Borloo » a été créé pour couvrir le reste du territoire. Il y avait urgence, car devant les méfaits du dispositif fiscal évoqué par Christine Boutin, même le président de la Fédération Française du Bâtiment a appelé dès septembre 2005 à faire émerger « un autre dispositif intermédiaire, plus social » [3]. Bel euphémisme pour des aides à la construction haut-de-gamme qui ont amplifié la flambée de l’immobilier ces dernières années.

Les déclarations de la ministre du Logement sont loin de rassurer le mouvement HLM et les associations de locataires sur ses projets : un coup de projecteur s’impose donc sur les « quelques effets pervers » hérités du passage de Gilles de Robien au ministère du Logement. L’œuvre de ce grand bâtisseur incompris [4] mérite, en effet, largement de passer à la postérité aux côtés des Ateliers nationaux de 1848. Ces derniers sont connus pour avoir employé les ouvriers parisiens au chômage à creuser des trous, puis à les reboucher. Moyennant finance ! Thiers y mit fin à coups de sabre. Ses héritiers raillent encore l’expérience, mais se gardent d’égratigner la « défiscalisation Robien ».

Une belle carotte fiscale qui date de 2003

Flash-back. Entre 2002 et 2005, Gilles de Robien fait face à la pénurie de logements la plus grave depuis les années soixante. De son propre aveu, les Français éprouvent de plus de plus « de mal à trouver un [toit] correspondant à leur budget » [5] et la construction est en panne.

Le ministre accorde, dès 2003, une maxi-carotte fiscale pour que les plus gros contribuables courent investir dans la pierre. Sous le régime « Robien », un propriétaire qui s’engage à louer un logement neuf durant 9 à 15 ans bénéficie, en contrepartie, d’une réduction d’impôt représentant 50 à 65% de l’investissement, terrain compris [6]. « Résultat : votre bien immobilier est financé entre 70 et 90% par le locataire et l’Etat », clame, décidément très terre à terre, l’un des nombreux sites Internet qui promeut l’amortissement de Robien.

Un plan « Marshall des banlieues »

Gilles de Robien n’a pas inauguré ce plan « Marshall des banlieues » à l’envers. « De nombreux ministres avant lui, ont tenté d’orienter l’épargne privée sur des investissements immobiliers », relève le sociologue Didier Vanoni, qui dirige l’institut FORS-Recherche Sociale. Les régimes Quilès, Méhaignerie et Besson n’accordaient qu’une réduction d’impôt plafonnée. Avec le Périssol en 1996, la logique devient celle de l’amortissement fiscal, réduisant directement la base d’imposition de l’investisseur. A guichet ouvert.

Ces dispositifs constituent le principal soutien public à la construction depuis l’assèchement des aides directes, en espèces sonnantes et trébuchantes, avec la réforme de 1977. Giscard, Barre et Jacques Barrot ont fait un sort aux aides à la pierre qui avaient subventionnées 80% des logements neufs depuis les années 50.

Mais l’édifice est de plus en plus ébranlé, comme le montrera la suite de l’enquête, demain, dans Bakchich.info.

le jeudi 10 juillet 2008 à 16:44, encolere a dit :

L’article d’origine semble mettre en cause les ’riches investisseurs propriétaires’ qui s’enrichissent sur le dos des ’pauvres locataires’ , creusez un peu mieux !!! Ces groupes de promotion immobiliere vivent essentiellement sur le dos des investisseurs avec l’excuse de 1/ generer du logement social 2/ generer de l’economie fiscale prenez un cas que je connais bien le mien

Promesse : 8,5% d’investissement perso 92,5% d’autofinancement par les loyers et les eco d’impot

Resultat : Loyer 40% , Eco d’impot -frais 10% apport perso 50% soit 6 fois ce qui etait prevu

Pourquoi a ton signé ? : parce que le mecanisme de vente meme si ces groupes pensent qu’il est juridiquement bordé , n’est pas aussi moralement et ethiquement propre que cela. Suggestion , Calendrier, absence d’info et de conseil

Une association se propose de defendre les investisseurs floués avec des cabinets d’avocats tres spécialisés sur le domaine http://adim.assoc.free.fr

  • Adomos : mensonge tromperie arnaque
    le samedi 26 juillet 2008 à 20:47, fabrice a dit :
    j’avais vu "envoyé spécial" et les acheteurs de l’appartement Adomos clos de diane à Agen j’avais vu comment on peut acheter les yeux fermés un appart inlouable 180 000 € j’avais vu comment le meme appart peut etre ensuite expertisé (par expert agréé aupres des tribunaux)116 000 € j’avais pensé que cette officine allait cesser de nous matraquer de pub sur le net, et de nous affirmer que tout etait garanti dans ses pseudo montages defiscalisants… la reponse est non ils continuent les "teigneux" a nous proposer des destinations tjs aussi perdues, tjs aussi inlouables, et tjs aussi peu porteuses de + values question : il faudra combien d’investisseurs Adomos lésés et regroupés en assoc’ pour que cesse ces tromperies ?
  • Crise du logement : pseudos "conseillé fiscal" responsables ?
    le jeudi 12 juin 2008 à 13:53

    Je pense que personne ne semble vouloir prendre le problème à la base (et peut être surtout pas l’état, la justice ou le ministère du Logement) et faire payer les vrais responsables et coupables qui continuent à agir en toute impunité et fuire leurs responsabilités.

    Voila le fond du problème : Tant qu’il y aura des gens ou groupe comme Prestige Finance, Adomos, Akerys, Omnium & co qui abuseront sans être inquiété d’une loi De Robien (avec la complicité de partenaire, de membres de leur groupe, d’entreprises de construction, notaires, banques, gestionnaires…) pour trompé ses clients en vendant des choses qui n’en sont pas comme un “Compte Epargne Impôts” avec “Support packagé” mais incapable de prouver par la présentation d’une carte de transaction immobilière pour vendre du De Robien (loi HOGUET, toute personne présentant des opérations immobilières est tenue de présenter sa carte professionnelle délivrée par la Préfecture de Police de son lieu d’activité) le minimum de solvabilité, sérieux et compétences. Mais qui continue inlassablement le démarchage par matraquage publicitaire (on ne peut plus aller sur un site sans tomber sur leurs pubs) , harcèlement ou racolage téléphonique, argumentaire commercial et souvent se présentant au titre d’une pseudo association d’utilité fiscal….

    Il est assez ironique et surprenant dans ce contexte de ne pas voir plus de gens s’affoler et d’en voir d’autres qui se ventent que leur De Robien ou location de leur appartement marche bien et semble apaisés :

    - Comment peuvent t’il justifier de cela avec le simple fait que eux ont un locataire actuellement ?

    - Le locataire qu’il on est t’il garantie sur la période ?

    - Ont ils déjà revendus leur bien au minimum au prix de leur achat (dans des régions très probablement devenues saturées ou plutôt sinistrées) ?

    Bien sur que non !

    - Ils revendront en majorité à perte risquant de croquer plus que ce qu’ils ont fait d’économie, sont ils inconscients que la catastrophe est et sera pour une très grande majorité si ce n’est pas maintenant ce sera pour demain !

    Pour résumer tout propriétaire doit et devra s’inquiété et pas seulement les De Robien et chacun pourra remercier ces entreprises peu scrupuleuses à plomber le marché mais très scrupuleuses et consciencieuse sur leur chiffres.

  • Crise du logement : l’édifice du Robien menace de s’écrouler
    le mercredi 30 avril 2008 à 15:21, Swarz a dit :

    Voici le reportage passé pour ceux qui ont raté dans "Service Public" du 22 avril sur l’arnaque De Robien.

    http://rapidshare.com/files/110400507/2008-04-22_-_SERVICE_PUBLIC_22.04.2008.mp3.html

    http://www.fileupyours.com/view/99791/SERVICE20080422.ram

    ou

    http://www.fileupyours.com/view/99791/Copie%20de%20SERVICE_PUBLIC.mp3

  • Crise du logement : l’édifice du Robien menace de s’écrouler
    le lundi 21 avril 2008 à 18:15, chris-ta-la a dit :
    Je vous remercie de souligner cette ineptie de la loi Robien , et qu’on arrête de feliciter ces gens là ! cette loi a été faites pour eux avant tout pour placer leur argent sans payer d’impôts ! et tous les gogos du gouvernement , mais attention l’edifice est en train de leur tomber dessus et c’est tant mieux ! reste a plaindre les moins nantis qui ont investi dans des zones où personne ne veut louer ! et ils continuent à faire de la pub !!
    • Adomos et compagnie …
      le mercredi 7 mai 2008 à 06:29
      cette émission visait directement 3 acteurs de la "defiscalisation" Robien que sont par ordre alphabétique : Adomos Akerys et Omnium. C’est vrai que les images et témoignages ont apporté la preuve d’achats d’appartements livrés mais inlouables car situés dans des zones excentrées ou déjà remplis d’appartements vides …. de locataires. Les offres de ces Adomos et compagnies qui continuent de bombarder massivement de la pub sur le net, n’ont pas changé depuis, toujours à tarifs élevés et dans des villes ou villages inconnus. J’espère que les déçus, les lésés, pourront se regrouper et se faire indemniser, car sinon c’est la ruine pour eux ni avantages fiscaux ni locataires. Heureusement qu’il existe encore quelques conseils ou sociétés de conseils indépendants qui travaillent sérieusement.
      • Re : Adomos arnaque et compagnie …
        le jeudi 29 mai 2008 à 10:59, Blanche a dit :
        Adomos c’est sans doute mort programmée à CT, trop de réclamations, de contentieux en germe et trop de pub tue le produit. Les dirigeants ne publient d’ailleurs aucun prévisionnel 2008 c’est dire s’ils savent où ils vont. "Les robiens de la colère" les ont identifiés, le client ruiné montre bien sa plaquette Adomos à la main, de combien il a surpayé son appartement inlouable à Agen.
      • Adomos et compagnie …
        le mercredi 4 juin 2008 à 14:40

        Noublions pas Prestige Finance ou Fiscalys, Prestige Finances, etc…) d’ailleurs, c’est tous les mêmes, regroupés en une unique association (et oui cela laisse réveur) CEIF (association de consommateurs loi 1901, déclarée « d’utilité fiscale »)

        et deviner qui à le Prestige du siège social (voir coordonnées de contact du site CEIF) de cette pseudo association ?

        L’Emission De Robien de France Inter SERVICE PUBLIC DU 22 AVRIL 2008 http://refonte.dedikam.com//telechargement.php ?clef=8365013ab3b59bf5a34897cf2b7b3c74 (je diffuse ce lien car il faut dénoncer et informer de ce genre de pratiques) dénonçant les pratiques de vente De Robien et tromperies employées par PRESTIGE FINANCE in fine qui par démarche commercial vous propose un compte épargne impôts (ruse, tromperie ou manœuvre employée pour induire en erreur une personne afin de la conduire à contracter ??) .

        Prestige Finance and co en conclusion qui ont apparemment les seuls obligations de vendre des appartements que personne de la région n’achèterait à un prix si exhorbitant.

        Bref pour vous ce sera 25 ans de crédit à plomber votre pouvoir d’achat sans possibilité de défiscaliser avec pour seul finalité une revente à perte (qui subira toutes ces pertes éventuelles, vous ou Prestige Finance ?).

  • Crise du logement : l’édifice du Robien menace de s’écrouler
    le mercredi 9 avril 2008 à 16:49, vieilledame a dit :
    c’est quoi le "mouvement" HLM ?
    • Crise du logement : l’édifice du Robien menace de s’écrouler
      le jeudi 10 avril 2008 à 10:53
      Pardon, je faisais référence à l’Union Sociale pour l’Habitat, institution qui regroupe les différents organismes de logements HLM (offices publics, Sociétés Anonymes, Coopératives…) O.V.
    Crise du logement : l’édifice du Robien menace de s’écrouler (2)
  • Gilles de Robien voulait « redonner de l’air au logement locatif ». Sa subvention à la construction de standing a plutôt jeté de l’huile sur le feu. La suite de l’enquête de « Bakchich ».

    Relire la première partie de cette enquête en cliquant ici

    Contrairement à ses prédécesseurs, Gilles de Robien n’a assorti son dispositif fiscal d’aucune obligation pour les investisseurs. Le plafond de ressource des locataires a été supprimé, le plafond de loyer explosé. Contredisant d’emblée l’objectif affiché de « rendre le marché locatif plus accessible à tous les Français, quel que soit le lieu ».

    Le toilettage de 2006 n’a pas bouleversé la donne. « Même dans le régime Borloo« Même dans le régime Borloo [1] neuf, les loyers plafonds sont assez rarement inférieurs aux loyers de marché », relève Jean Bosvieux, directeur des études de l’Agence pour l’information sur le logement (ANIL), un organisme chargé d’éclairer les locataires et les propriétaires.

    Résultat, un couple avec deux enfants peut acquitter un loyer très sélectif de 1 300 € par mois, charges comprises, pour un « Robien » de 80 m², selon les simulations de la Fondation Abbé Pierre. Un coût supérieur au reste du marché libre (1 000 €), au logement Borloo (950 €) et, a fortiori, au logement social, intermédiaire (plus de 700 €) ou standard (600 € maximum).

    Carcassonne, Angers, Nanterre… tous logés à la même enseigne

    Tous les acteurs du logement ont constaté de tels écarts de prix et le groupe socialiste à l’Assemblée nationale [2] en a relevé quelques-uns : en 2007, un 65 m² est loué 419 € par mois, en moyenne, dans le parc privé ancien à Carcassonne [3]. Neuf et sous le régime de Robien, il faut compter jusqu’à 755 €.

    À Angers, l’écart s’étend de 361 € dans l’ancien à 924 € pour le « Robien ». A Nanterre, les prix vont de 1.100 € dans l’ancien à 1 330 € pour le « Robien ».

    Logiquement, les autres propriétaires ont cherché à s’aligner. « Sur Albi, les loyers ont connu des progressions à deux chiffres pendant trois ans, à l’arrivée des produits de Robien », souligne Hélène Rocques, responsable de l’ADIL du Tarn. Les loyers à la hausse dans le neuf ont permis aux promoteurs d’augmenter leurs prix (le coût du m² dans l’investissement locatif est supérieur de 14% à celui de l’accession à la propriété [4]). Ils se sont donc livrés à une surenchère pour les terrains disponibles, rendant la production de logements sociaux et l’accession à la propriété encore plus difficiles.

    Dans un souci de maximiser la rentabilité, la production a surtout porté sur des studios et des deux pièces, parfois à l’écart des transports publics, au détriment des logements familiaux. En outre, l’offre de logements neufs s’est étendue dans des départements (Corrèze, Landes, Aveyron, etc) ou des villes moyennes (Montauban, Poitiers, Bourges, etc) en dehors de la zone d’attraction des grandes métropoles. Du coup, la demande y est faible.

    Parfois, les promoteurs ont saturé l’offre avec du « Robien ». Une étude de la Direction départementale de l’Équipement de Basse-Normandie montre que la quasi-totalité des logements neufs à Lisieux, par exemple, sont des « Robien ». Résultat, même le président de la Fédération des Promoteurs-Constructeurs s’est plaint de programmes aux trois-quarts vides au Puy-en-Velay ou à Carcassonne. Le phénomène résulte de la vente du « Robien » par des réseaux nationaux à des investisseurs n’habitant pas sur place, ne connaissant donc pas forcément le marché où leur bien allait sortir de terre. Certains ne l’ont même pas visité.

    Du côté des proprios

    Les investisseurs vont-ils tous tirer leur épingle du jeu ? Rien n’est moins sûr. Le taux élevé de rotation des locataires est noté par de nombreux observateurs. « Je suis resté trois ans dans un “Robien”. Le gestionnaire de la résidence était étonné que je sois resté aussi longtemps », glisse un adhérent de la Confédération nationale du logement (CNL) d’Allonne, près du Mans. Si bien que les remises se multiplient pour attirer davantage de locataires.

    Avec des loyers qui ne rentrent pas aussi bien que prévu, certains propriétaires pourraient rapidement se trouver en difficulté. En effet, pour tirer le meilleur parti de la défiscalisation, ils se sont endettés au maximum (près de la moitié n’ont pas engagé d’apport personnel, ou alors très faible [5]). « Il y a consensus parmi les acteurs du logement : le “Robien” sera le prochain désastre du secteur. C’est une bombe à retardement », averti Sébastien Kuperberg de CoproCoop, un organisme coopératif qui intervient dans les copropriétés dégradées.

    En outre, ces investissements réalisés dans la pierre en pleine bulle immobilière risquent de ne pas produire les plus-values attendues. Et ce, indépendamment de l’évolution du marché. Certains propriétaires devront consentir des rabais importants pour des biens trop petits, mal placés, aux charges élevées, à la qualité bien souvent « très moyenne », selon plusieurs témoignages, et dont les travaux nécessaires n’auront pas forcément été réalisés « en l’absence de réception des travaux parfois ». En outre, si l’on se réfère aux précédents dispositifs fiscaux, ces logements risquent d’être massivement mis en vente, en même temps, à la fin de la période de défiscalisation.

    l’Etat pompier pyromane ?

    Les finances publiques devaient-elles soutenir ainsi l’investissement locatif ? Il y a lieu de s’interroger. Même les services du ministère du Logement soulignent, dans un rapport remis en février dernier, qu’« en période de surchauffe, il est probable qu’une part significative des logements bénéficiant de dispositifs fiscaux aurait été financée même en [leur] absence » [6].

    Le coût de ces dispositifs, qui concernent en moyenne 60 000 logements par an depuis 2003, est élevé pour les finances publiques. Chaque année, le manque à gagner pour le Trésor public atteint 700 millions d’euros, dont 400 à 450 millions d’euros jusqu’en 2012 pour le « Robien » seul [7]. Par comparaison, en 2007, le reliquat d’aides publiques à la pierre s’est élevé à 1,4 milliards d’euros et a fait sortir de terre 62 000 logements sociaux, ouverts à 70% de la population.

    La Fondation Abbé Pierre estime que le gouvernement joue les « pompiers pyromanes » avec les « Robien » et les « Borloo ». Le principe même de ces aides n’est toujours pas remis en cause par le gouvernement qui pourrait les faire réapparaître sous un nouvel avatar, comme le craignent la CNL et le mouvement HLM. Avec la même réussite ? «  B-A, ça fait BA ! », comme disait celui qui est passé, en 2005, du Logement à l’Éducation nationale.

     



    Article ajouté le 2009-05-21 , consulté 22 fois

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